L’avenir des véhicules électriques : trois points à régler

Pour que les véhicules électriques (VE) deviennent monnaie courante, l’industrie doit s’attaquer à des problèmes clés

Quand même les américains Will Farrell, Kenan Thompson et Nora Lum (alias Awkwafina) sont les covedettes d’une publicité du Superbowl sur les véhicules électriques, nous savons que les voitures électriques sont sur le point de devenir monnaie courante.

Ce changement est activement encouragé en France, avec les aides et bonus mis en place par le gouvernement afin d’éliminer petit à petit la vente de véhicules légers à moteur à moteur thermique d’ici 2025. La France se trouve donc à un carrefour important en matière d’écologisation des transports.

En fin de compte, un grand nombre de VE sortiront de la chaîne de montage au cours des prochaines années. Il sera important de se concentrer sur autre chose que la simple atteinte des objectifs de vente. Comme on dit, le diable est dans les détails. Le véritable impact des VE ne dépendra pas du nombre de véhicules produits, mais aussi de la façon dont ils seront produits et de l’expérience que nous en ferons en tant que consommateurs et conducteurs.

Au moment où la France s’engage dans une transition vers un marché composé principalement de véhicules à zéro émission, voici quelques éléments que nous devons mettre en place pour le marché des VE.

Concevoir des voitures cool et fonctionnelles qui également ne produisent aucune émission de gaz à effet de serre.

Jusqu’à récemment, le marché des VE était principalement constitué de voitures compactes à l’autonomie limitée : un bon second véhicule pour un ménage pour de courts trajets en ville, mais pas idéal pour remplacer la voiture familiale ou offrir l’utilité d’une camionnette. Tesla a changé le discours sur les VE, en concevant une voiture haute performance qui se trouvait être électrique, tout en ouvrant le marché à des consommateurs autres que les militants écologistes. Cela a donné un coup de fouet à l’industrie.

Renault, avec sa Zoé (véhicule électrique le plus vendu en Europe et en France), ainsi que l’ensemble des grands constructeurs automobile proposent de plus en plus de motorisations électriques de leurs gamme. Ces mesures changent la donne en ouvrant les VE au grand public. La fonctionnalité de ces voitures doit être à la hauteur du remplacement – et non du simple complément – des véhicules existants. Les VE doivent avoir des performances équivalentes, voire supérieures, à celles de leurs homologues conventionnels.

Il n’est plus question de mettre des chevilles rondes dans des trous carrés. Prévoir une meilleure infrastructure de recharge.

Avez-vous déjà essayé de brancher votre iPhone sur un chargeur Android ? Voilà à quoi peut ressembler l’infrastructure de charge des véhicules électriques d’aujourd’hui. Alors que les chargeurs de VE que l’on trouve généralement dans les maisons et les entreprises (niveaux 1 et 2) sont standard en Amérique du Nord, les chargeurs rapides de niveau 3 (CC) – le type de chargeur que vous utilisez lors d’un voyage en voiture – ne sont pas universels. Il existe plusieurs plateformes/connecteurs de charge concurrents. De nombreuses stations de recharge disposent d’une combinaison de fiches et d’adaptateurs qui permettent d’accroître la connectivité, mais pas pour tous les véhicules sur toutes les plateformes de recharge.

La généralisation des VE nécessite une infrastructure de recharge cohérente et abondante, surtout dans un pays aussi vaste que la France. Pour mettre en perspective le type d’infrastructure nécessaire, il y a actuellement un peu plus de 33 363 points de recharge ouverts au public, dont 2 652 à charge rapide.

Dites-nous ce qui se cache sous le capot : rendre la voiture  » verte  » durable.

Dans l’ensemble, il est désormais admis qu’un VE est plus écologique qu’un véhicule à moteur thermique. Le mantra de nombreux défenseurs des VE est « faisons-les monter dans un VE – n’importe quel VE ». Mais à mesure que le marché des voitures électriques se développe, nous devons commencer à envisager des mesures de durabilité plus larges, tout comme nous le ferions pour la nourriture ou la mode. Pour l’instant, il est difficile de dire si un véhicule électrique est plus durable qu’un autre.

En termes de production et de conception, le principal impact est la batterie du véhicule. Les batteries qui alimentent les VE contiennent des métaux tels que le cobalt, le lithium, le nickel et le cuivre. L’augmentation de la demande de VE entraîne une augmentation de l’extraction de ces matériaux. L’extraction et le traitement nécessaires à la production de ces métaux peuvent avoir des répercussions environnementales et sociales importantes, notamment le travail des enfants.

À mesure que l’industrie progresse dans le domaine des véhicules à zéro émission, elle doit envisager d’accroître la transparence de la chaîne d’approvisionnement, ainsi que de collaborer à un plan de récupération des matériaux en vue de leur recyclage lorsqu’une batterie de VE atteint la fin de sa vie. Cela permettra aux parties prenantes, telles que les consommateurs et les investisseurs, de faire la différence entre les « sortes de VE durables » et les VE réellement durables.

En tant que conducteur, nous saurons que la France a réussi à atteindre son objectif de véhicules à émissions nulles lorsque nous pourrons rassembler la famille dans une mini-fourgonnette entièrement électrique et conduire de Dunkerque à Biaritz sans avoir à nous soucier de savoir où et à quelle fréquence recharger notre voiture. En tant que consommateur conscient, nous aurons confiance que la décision politique d’encourager les véhicules à émission zéro était bonne lorsque nous saurons que la production du véhicule n’a pas simplement amélioré la qualité de l’air local aux dépens du bien-être de quelqu’un – ou de quelque part – d’autre.